L’ACMG s’est ouverte à la Ville

ACMG. Comuniqués de presse. 17/1/2014

L’assemblée générale technique de l’ACMG et de sa filiale Agralis est un moment fort dans la vie de l’Association Climatologique de la Moyenne Garonne et du Sud-Ouest, créée en 1959 par des arboriculteurs soucieux de se protéger du gel de printemps. Cette réunion se déroule le 24 janvier  prochain à 9h au Centre Culturel de Pont du Casse. C’est devenu une tradition dans cette Mairie qui applique les principes de gestion des barrages étudiée par l’ACMG à la fin des années 1990.

L’ACMG rassemble un peu plus de 210 adhérents individuels et touche toutes les semaines plus de 3000 personnes par le biais de son bulletin d’information dans lequel on trouve, après une prévision du temps pour la semaine à venir, une analyse du climat de la semaine passée, des informations sur les éventuels évènements climatiques à venir et des propositions techniques très pratiques pour en réduire les conséquences.

L’ACMG, soutenue par le Conseil Général de Lot-et Garonne, la Région Aquitaine et le Conseil Général de Gironde, c’est 82 observateurs bénévoles du climat de notre région. A partir de ces relevés quotidiens, l’équipe de Jean-François Berthoumieu, avec Céline Cazenave et Patrick Debert, fait apparaître des tendances d’évolution du climat de la région que l’on peut résumer ainsi :

  • Il fait aujourd’hui en moyenne plus chaud de presque 2°C pour les maximales par rapport aux années 1970.
  • La pluie est toujours autant variable d’une année à la suivante passant par exemple de 548 mm à Agen en 2011 à 920 mm en 2013.

Cette contrainte de la variabilité des précipitations est connue de longue date et c’est ce qui a poussé au développement des lacs collinaires et de l’irrigation après les sécheresses de 1964, 76, 90 et 91. Aujourd’hui, c’est le pilotage de l’irrigation de précision avec des sondes capacitives, outils modernes, qui envoient par modem les données vers les téléphones portables et remplacent les prélèvements de sol des années 1980. Voir http://agralis.fr/sentek/carte_ref_2.php

La télédétection est également utilisée par l’ACMG pour étendre à de plus grandes surfaces cette information précise d’un lieu et de nouveaux travaux de recherche appliquée sont en cours dans ce domaine pour utiliser d’autres sources d’informations spatiales comme le GPS.

L’ACMG s’intéresse donc forcément à la ressource en eau et à sa bonne gestion. Elle pousse à mieux utiliser le potentiel naturel des nappes alluviales qui représentent en Lot-et-Garonne environ 50 millions de m3, ce qui réduirait d’autant la dépendance au seul débit de Garonne. Elle est donc un partenaire actif du nouveau GIE Thematik’Eau qui rassemble plus de 80 % de l’activité économique agricole du département. Voir thematikeau.fr.

Mais au-delà de l’agriculture dont elle est issue, elle s’intéresse depuis le milieu des années 2000 à la Ville car ses connaissances y trouvent des applications. Par l’intermédiaire de sa filiale commerciale Agralis, elle contribue à former et équiper des villes en systèmes de pilotage économe pour l’irrigation des espaces verts. Par exemple, Aqualis a été développé pour répondre à la demande d’un automate capable de réaliser des micro-apports d’eau sur des terrasses végétalisées irriguées. Euro Disney et des hippodromes parisiens utilisent depuis peu notre technologie ; des centres de recherche comme l’INRA s’appuient également sur ces sondes et des capteurs pour imaginer l’agriculture durable de demain. Voir www.agralis.fr.

Mais ce qui est vraiment innovant, c’est l’application de ce que l’ACMG a appris dans un programme Européen TELERIEG www.telerieg.net pour la ville et l’étude des îlots de chaleur et de fraîcheur. Depuis fin 2012 et jusqu’à fin 2014, l’ACMG est partenaire du programme ADAPTACLIMA II avec des Espagnols, Français et Portugais sur le thème de l’adaptation au changement climatique ; voir www.adaptaclima.eu.

Le principe est d’utiliser les outils de télédétection qui ont été développés, pour observer le stress hydrique dans les champs, pour diagnostiquer les îlots de chaleur et de fraîcheur et d’en expliquer les raisons aux élus et aménageurs, l’objectif étant que les villes se développent en suivant des principes moins gourmands en énergie fossile.

C’est plus durable et plus efficace énergétiquement de laisser le soleil pomper l’eau du sol au travers d’un végétal pour venir faire évaporer cette eau par les feuilles et ainsi rafraîchir de plus de 10°C le volume d’air situé en dessous, que de démarrer sa climatisation dès 11 heures du matin car la pièce se trouve en plein soleil en aval d’un parking ou d’une terrasse inondée de soleil et où il fait plus de 45°C au sol.

Les premiers travaux de 2013 commencent à porter des enseignements que l’ACMG partage pour l’instant avec les élus de l’Agglomération d’Agen et de la Mairie de Bordeaux qui sont partenaires avec l’ADEME Aquitaine de ce projet. On espère que cela donnera des idées d’aménagement aussi bien pour les futures zones d’activité industrielle que les zones d’habitation. L’idée est simple : « remplir d’eau en hiver le fossé qui s’est creusé entre la ville et la campagne pour l’utiliser ensemble en été quand il fait bien chaud pour, à la fois, produire de la biomasse agricole et améliorer le confort de ceux qui habitent en aval des zones irriguées. ». Si vous êtes intéressés par cette démarche, alors devenez adhérent de l’ACMG. Il vous en coutera 78€ par an ! Et participez vendredi 24 janvier à leur réunion à Pont du Casse de 9 h à 12h30.