Les contraintes et opportunités du changement climatique

COUVERTURE Revue Article Adptaclima II ACMG 4-2014 webLes contraintes et opportunités du changement climatique. Comment gérer la question des canicules de manière durable en associant ville et campagne?

Jean-François Berthoumieu, Patrick Debert, Elodie Patelli : ACMG. Camille Jonchères : Université Bordeaux II. France. Helena Moreira, Ronaldo Gabriel, Edna Cabecinha, Ana Alencoão: University of Trás-os-Montes and Alto Douro, Vila Real, Portugal.

L’ACMG a été créée en 1959 par des arboriculteurs de Moyenne- Garonne pour lutter contre les fléaux atmosphériques, dont le gel, la grêle, la sécheresse… Ayant enregistré la mémoire du climat avec son propre réseau d’observateurs, il a été facile de constater la véracité du réchauffement climatique dont les conséquences sur l’agriculture se confirment avec moins de gelées au printemps, une période favorable aux cultures qui débute plus tôt et se termine plus tard, davantage de besoins en eau pour les plantes et plus de journées de canicule en été.

En 2007, l’ACMG a décidé de se tourner vers la Ville pour tenter de faire le lien entre le monde agricole et le monde citadin autour de la question du changement climatique et des modes d’adaptation. Elle s’est naturellement rapprochée des collectivités de Lot-et-Garonne et de Gironde (Conseils Généraux, Mairies, Agglomérations), mais aussi vers les Associations, services de l’État, Coopératives, Chambres Consulaires, et le Conseil Régional d’Aquitaine, afin d’y partager ses analyses et de réfléchir aux modes d’adaptation les plus durables et, en même temps, économes en énergie fossile responsable de ce changement.

De 2009 à 2011, le programme TELERIEG (www.telerieg.net), sélectionné par INTERREG SUDOE, a permis à l’ACMG d’acquérir l’expertise du traitement d’images satellites thermiques ce qui nous a renseignés sur l’importance relative des variations microclimatiques spatiales induites par les activités humaines.

Depuis 2012 nous participons à un autre consortium sélectionné par les projets européens Interreg Sudoe et dénommé ADAPTA CLIMA II (www.adaptaclima.eu) et dans lequel nous travaillons la question des îlots de chaleur et de fraîcheur urbains avec les moyens d’atténuer passivement et activement ces ICU (îlots de Chaleur Urbains) si possible de manière
durable, c’est-à-dire en utilisant un minimum d’énergie fossile.

Cet article tente de résumer et de présenter notre démarche avec nos premiers résultats. Il se décompose en cinq chapitres écrits par quatre intervenants ce qui illustre la diversité des sciences et connaissances mises en oeuvre dans ce travail complexe.

  • Le premier chapitre est écrit par Jean-François Berthoumieu, directeur de l’ACMG. Il est mécanicien des fluides et préconise depuis une dizaine d’années de mieux gérer l’eau de pluie, ressource durable, pour s’adapter au réchauffement climatique aussi bien à la ville qu’à la campagne. Il propose une prospective d’évènements climatiques de canicule vis-à-vis desquels il est urgent de s’adapter. Patrick Debert a apporté son concours pour les analyses.
  • Le second chapitre est également écrit par Jean-François Berthoumieu en collaboration avec Élodie Patelli, spécialiste de télédétection et qui travaille dans la société commerciale Agralis, filiale de l’ACMG. À partir d’images thermiques prises par le satellite Landsat les cartes de température des agglomérations d’Agen et de Bordeaux mettent en évidence des zones de température très différentes. Ce travail nous éclaire sur l’impact de notre urbanisation vis-à-vis de notre confort estival et nous guide vers les aménagements qu’il faut envisager pour le réduire, voire l’inverser.
  • Le troisième chapitre est écrit par Ronaldo Gabriel, professeur à l’université de Vila Réal au Portugal et ses collègues partenaires du projet Adaptaclima. Son travail démontre que lorsque l’on se déplace à pied ou à vélo dans un environnement vert nous subissons moins de stress, ce qui aboutit à moins de soucis de santé et une meilleure activité au travail et en dehors. Cet argument nous semble compléter idéalement celui que nous proposons à savoir utiliser une végétation irriguée pour réduire les îlots de chaleur.
  • Le quatrième chapitre décrit un travail sociologique avec une enquête que Camille Jonchères a menée entre juillet et septembre 2014 sur Agen et Bordeaux et dont le but est de trouver les mots qui porteront le mieux pour vous convaincre d’agir aussi bien au niveau individuel dans votre habitat, vos habitudes que de manières collectives.

Le but avoué de cet article est de faire prendre conscience aux citadins qu’ils doivent s’associer aux agriculteurs pour mieux stocker de l’eau hiver pour l’utiliser ensemble en été durant les périodes de canicules afin de faire baisser les températures de plusieurs degrés et ainsi réduire notre consommation d’énergie de rafraîchissement qui sinon devrait s’accroître au cours des années à venir. C’est ce que Jean-François Berthoumieu tente d’exprimer dans le dernier chapitre de conclusion et de prospectives.

Nous espérons que ces regards croisés provenant de personnes de cursus différents seront suffisamment pertinents pour vous pousser à devenir vous même acteur de ce processus pour une prise de conscience individuelle afin d’agir au plus vite pour réduire l’impact négatif des changements climatiques en cours et pourquoi pas développer de nouvelles
stratégies pour en réduire les causes.

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