Nous ne manquons pas d’eau !

Les statistiques en matière de pluviométrie permettent de mesurer leur évolution depuis 1 8 70./Photo M. Cherchari

L’Association climatique de la moyenne Garonne multiplie les initiatives pour chercher, proposer et appliquer des solutions durables au changement climatique.

«Nous ne manquons pas d’eau ! Le changement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serres accentue la variabilité des précipitations mais, pour l’instant, n’a pas réduit notre ressource en eau de pluie, notre or bleu.» Ce n’est pas la seule surprise entendue hier après-midi lors de la visite du préfet Denis Conus au sein de l’Association climatologique de moyenne Garonne. Jean-François Berthoumieu, qui en est le directeur, ajoute, «irriguer en été n’est pas forcément synonyme de gaspiller. L’enjeu est de pouvoir stocker l’eau de pluie qui tombe suffisamment en hiver afin de pouvoir la redistribuer, la réutiliser en été». Dit autrement, «on cherche à remplir d’eau en hiver le fossé qui s’est creusé entre la ville et la campagne de manière à pouvoir utiliser cette eau ainsi stockée, en été pendant les périodes de canicules pour, à la fois rafraîchir les espaces de vie et produire de la biomasse et de la nourriture de qualité».

Création, 1959

Modèle «d’intelligence et de sagesse», pour reprendre les termes de Denis Conus, l’ACMG a été fondée en 1959 pour étudier et lutter contre les fléaux climatiques de l’agriculture que sont le gel, la grêle, la sécheresse ou encore la canicule. Depuis les années 1980, l’association (loi 1 901) travaille sur le pilotage de l’irrigation et utilise à la fois des sondes très précises et le télé-détection-statiale et aérienne pour venir en aide aux agriculteurs. Elle apporte aujourd’hui des réponses claires et innovantes, «comme l’importance de planter des arbres pour lutter contre la chaleur en été puisque l’écart de température de surface peut aller jusqu’à 15 degrés d’écart entre des zones arborées et irriguées et des zones sèches minéralisées. L’association travaille aujourd’hui à anticiper le stress des cultures et à conseiller un maximum d’irrigants de la moyenne Garonne et au-delà». Faire des villes et des campagnes des alliés solidaires dans le but d’œuvrer à une meilleure adaptation au changement climatique c’est le but du projet «Adaptaclima II» lancé en 2012 et qui s’achèvera à la fin de cette année. «Pour ce projet qui est européen avec des partenaires espagnols et portugais, l’ACMG mène avec le soutien de l’Adème Aquitaine un diagnostic thermique auprès de deux communes, Bordeaux et Agen. Ce diagnostic des deux territoires est riche d’informations et d’enseignements.» Il resterait incomplet, explique encore Jean-François Berthoumieux, «sans la voix des habitants». Un questionnaire est en ligne jusqu’au 15 septembre qui permet à chacun «de participer à la réflexion pour que cette démarche écologique, durable et scientifique, ne soit ni punitive, ni moralisatrice».

Premier élément qui ressort de ce questionnaire, «la volonté des Agenais d’obtenir la réduction de l’utilisation des climatiseurs, jugés… trop bruyants.»

J.-L. A.