Le confort thermique estival en question
SudOuest. Publié

Camille Jonchères mène une étude sociologique en lien avec des recherches sur le changement climatique.

Adaptaclima préconise de planter des arbres en centre-ville. Et de les irriguer. © Photo archives émilie drouinaud

 

Quinze degrés d’écart entre le parc de Passeligne-Pélissier et un parking de grande surface. Des mesures thermiques réalisées par les services de l’Association climatologique de la Moyenne-Garonne (ACMG) témoignent de ces variations de températures, en plein été, entre un parc arboré riche de deux lacs et un univers complètement minéral.Partie prenante du programme européen Adaptaclima, l’ACMG préconise, ainsi, de créer des espaces verts en ville, correctement irrigués, afin de favoriser l’évapotranspiration [1] des végétaux ; laquelle agit, apparemment, comme un climatiseur, sans les effets néfastes de ces installations qui consomment des énergies fossiles et rejettent de l’air chaud dans l’espace privé. Pour l’institut, la réserve en eau ne manque pas. Tout juste faut-il correctement la stocker en hiver, afin de pouvoir l’utiliser quand les besoins du monde agricole, comme du grand public, se font sentir.À l’issue de la première phase d’Adaptaclima, les scientifiques ont proposé des solutions garantissant un confort thermique au plus grand nombre, sans parvenir à les faire connaître au grand public. Dans le cadre d’Adaptaclima II, une étude sociologique, menée par une étudiante bordelaise, Camille Jonchères, vise à pallier ce manque de visibilité.Irriguer en ville« L’objectif est de mieux connaître le public auquel ces solutions sont destinées, mais aussi de voir comment ils souhaiteraient les mettre en œuvre », explique l’étudiante. Ainsi, jusqu’au 15 septembre, un questionnaire est en ligne sur le site Internet de l’ACMG, mais aussi de la ville de Bordeaux et de l’agglomération d’Agen, partenaires de l’opération, afin de sonder les habitants de ces territoires.

« Nous cherchons à savoir comment ils assurent leur confort thermique en situation de chaleur. Par le biais d’une ventilation, d’une climatisation, en fermant les volets… pour ensuite les accompagner vers des adaptations durables. Il s’agit de voir si les solutions proposées, comme l’irrigation de végétaux en milieu urbain, remportent l’adhésion du grand public ou suscitent la méfiance. »

En dépit d’un été pas vraiment caniculaire, la jeune femme a déjà reçu 291 réponses et donc dépassé l’objectif. « Assez exigeant », le questionnaire composé de 40 questions demande environ un quart d’heure d’attention. Plus les particuliers seront nombreux à y répondre, et plus les experts d’Adaptaclima pourront affiner leurs travaux…

J. P.

(1) Les scientifiques expliquent que l’irrigation des végétaux accentue le mécanisme d’évapotranspiration, phénomène qui absorbe près de la moitié de l’énergie solaire reçue en rafraîchissant l’air situé en dessous de ces feuilles.